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Toutes les mères ont des phrases qu'elles voudraient dire à leur fille adolescente, et qui ne sortent jamais. Parce que le moment n'est pas le bon. Parce qu'à quinze ans, on n'écoute plus tellement sa mère. Parce qu'on craint de mal le formuler. Parce que certaines phrases méritent un cadre, un silence, et qu'au quotidien tout va trop vite.

Voici huit phrases collectives, compilées à partir de témoignages de mères de filles entre 10 et 16 ans. Huit choses qui se ruminent en silence depuis longtemps. Cet article peut se lire seule, comme une lettre. Il peut aussi se lire à deux, en posant un livre ouvert sur la table d'une mère et de sa fille un dimanche après-midi.

"Ton corps qui change n'est pas un corps à réparer"

Pendant la puberté, tout se transforme. Les hanches s'élargissent, la poitrine apparaît, des poils poussent là où il n'y avait rien, la silhouette dessine ses courbes adultes. Ces changements peuvent t'inquiéter ou te déplaire. C'est normal. Mais ils ne sont pas un problème à résoudre. Ils sont ton corps qui devient toi pour de bon.

Ce que je voudrais te dire, c'est que tu n'as rien à corriger. Pas tes vergetures qui dessinent ton histoire. Pas tes seins qui poussent à des rythmes différents l'un de l'autre (c'est la règle, pas l'exception). Pas tes formes qui apparaissent. Tout cela est ton corps qui fait son travail, et son travail est juste.

"Tu n'as pas besoin de plaire à tout le monde"

À ton âge, le regard des autres devient parfois écrasant. Au collège, au lycée, sur les réseaux, dans la rue. On te juge sur ton apparence avant ce que tu dis. On te commente avant de t'écouter. On compare.

Ce que je voudrais te dire, c'est que tu n'as pas à entrer dans ce concours. Tu n'as pas à plaire à toutes les copines, à tous les garçons, à tous les profs, à tous les inconnus qui te croisent. Tu peux choisir tes alliées, choisir tes critiques, choisir ceux que tu écoutes. C'est même un apprentissage important : choisir d'où viennent les regards qui comptent pour toi.

"Tu as tellement mieux à penser que ce que les autres pensent de toi"

Le regard des autres peut devenir envahissant, surtout à ton âge. On vérifie sa coiffure dix fois avant de sortir, on guette les commentaires sous une photo, on se demande si tel pantalon flatte, si telle réflexion va plaire.

Ce que je voudrais te dire, c'est que tu as tellement mieux à penser. Tes amitiés vraies. Tes passions. Ce que tu apprends. Ce que tu fabriques. Les histoires qui te marquent, les conversations qui te transforment, les projets que tu portes. Libère ton esprit pour tout ça. Ne te pollue pas avec des considérations physiques qui te pèsent et qui te freinent. Vis, sans souci. Sens-toi libre, dans ton corps et dans ta tête.

"Le miroir que tu te tends compte plus que celui des autres"

Il y a deux miroirs dans ta vie. Celui que les autres tendent vers toi, et celui que tu tends vers toi-même. Le premier est bruyant, changeant, souvent injuste, parfois cruel. Le second est silencieux, c'est celui que tu portes dans ta tête quand tu te regardes le matin avant de partir.

Ce que je voudrais te dire, c'est que c'est le second qui compte le plus. Apprendre à te trouver belle pour toi-même, sans avoir besoin que les autres te le disent. Te plaire à toi avant de chercher à plaire aux autres. Ce regard intérieur, doux, est ce qui construit la confiance que tu garderas toute ta vie. Le reste est secondaire.

"Demande quand tu en as besoin, je suis là"

Tu vas traverser des moments que tu ne voudras pas partager. Des chagrins, des doutes, des questions intimes, des conflits, des découvertes. C'est normal. À ton âge, on apprend à porter ses propres histoires sans tout déposer aux parents.

Ce que je voudrais te dire, c'est que tu n'es jamais seule. Pas obligée de tout me dire, pas obligée de m'expliquer. Mais quand tu auras besoin d'une oreille, d'un avis, d'un câlin, ou juste d'une présence silencieuse dans la cuisine pendant que tu fais tes devoirs, je serai là. Sans jugement. Le pacte est simple : tu poses, je viens.

"Tu vas devenir une femme magnifique, mais surtout, tu es déjà magnifique"

Les adultes te disent souvent "quand tu seras grande", "quand tu seras une vraie femme", "plus tard tu comprendras". Comme si ta vie d'adulte était la seule qui comptait, et que celle d'adolescente était une salle d'attente.

Ce que je voudrais te dire, c'est que tu es déjà quelqu'un. Pas une promesse en devenir, pas une ébauche. Ta vie d'aujourd'hui est ta vie, pas un brouillon de celle de demain. Tu es magnifique maintenant, pas seulement quand tu auras trente ans. Tes pensées d'aujourd'hui valent celles d'une adulte. Ne laisse personne te dire le contraire.

"Pardon pour les fois où je n'ai pas su"

Et puis, il y a celle-là. Celle qu'on a du mal à dire mais qui mérite d'être posée. Pardon pour les fois où j'ai mal réagi. Pour les fois où j'ai commenté ton corps alors que je n'aurais pas dû. Pour les fois où je t'ai pressée de grandir. Pour les fois où je t'ai protégée trop, ou pas assez. Pour les fois où je n'ai pas vu que tu avais besoin de moi.

Je fais de mon mieux, comme toi. Et ce mieux est imparfait. Mais il est là, chaque jour, pour t'accompagner du mieux que je peux dans le chemin qui est le tien.

"À défaut de te faire confiance, fais-moi confiance à moi"

À seize ans, j'étais complexée. Je manquais de confiance en moi, et ça m'a empêchée de briller comme j'aurais pu. Aujourd'hui, quand je revois des photos de moi à cet âge, je mesure à quel point j'étais belle. Je regrette de réaliser à quel point je me suis empêchée. À quel point j'ai douté. À quel point j'ai rentré la tête dans les épaules à cause de cette fausse image que j'avais de moi.

Si j'avais eu sur moi à l'époque le regard que je porte aujourd'hui sur mon moi de seize ans, je me serais sentie tellement mieux.

Alors, à défaut de te faire confiance, fais-moi confiance à moi quand je te dis que tu es magnifique. Fonce.

Le monde t'appartient.

Le mot de 21 MARS

Chez 21 MARS, nous croyons que les mots qu'on transmet à ses filles comptent autant que les pièces qu'on leur offre. Notre collection est pensée pour accompagner ce passage, mais elle n'est rien sans la conversation qui l'entoure.

Pour aller plus loin, voir nos articles Offrir le premier soutien-gorge à sa fille et  Souvenirs du premier soutien-gorge. Et pour découvrir nos pièces, c'est sur notre site, collection de soutiens-gorge ado.

21 MARS, Le monde nous appartient.